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Heures supplémentaires : Travaillez plus, demandez rien

31 Mai 2021 | Bien être au travail (QVCT), CSE, Pouvoir d'achat

Selon l’accord relatif au temps de travail (cf pixis univers du salarié, article 2-4), sont considérées comme heures supplémentaires, les heures qui dépassent la durée hebdomadaire théorique de travail (35, 37, 39 heures…). Et le même article stipule que les heures supplémentaires ne peuvent être effectuées qu’à la demande de l’employeur, ou avec l’accord de celui‐ci.

Et c’est là que le bât blesse, là ou le scandale explose.

Sur les exercices 2018, 2019 et 2020, le CIC SO ne déclare aucunes heures supplémentaires. Des effectifs en baisse (-2,6% en 2020), un PNB et une productivité en hausse et malgré tout, 0 heures supplémentaires !!!! Normal pour la Direction Générale puisqu’elle rappelle que la banque procède par récupération. Mais est ce aussi clair ? Qui a récupéré une journée officiellement en contrepartie d’heures ? D’ailleurs comment cela se matérialise ?

Allez, on ferme le ban, on passe à autre chose…

La réalité est malgré tout moins rose. Si les salariés font des heures supplémentaires, ils n’osent pas les déclarer. Et si certains souhaitaient le faire, les managers rappellent qu’ils n’ont pas demandé à faire ces dépassements d’horaires. Et de rajouter que : « Si vous faîtes des heures supplémentaires, c’est que vous êtes mal organisés »…

Cependant, les langues se délient. Nous avons de plus en plus de remontées de salariés (cadres, TMB, managers ou non) expliquant travailler de plus en plus au delà de la durée théorique de travail. De plus en plus de sollicitations de clients, de plus en plus d’outils de gestion (DCOM, DOCO, TACHES…), une pression commerciale accrue avec de plus en plus de produits, une forte inflation des taches administratives ou de la réglementation, des formations, des réunions….

L’organisation même dans les agences posent problèmes. Absences non remplacées, postes supprimés (cf les dernières réorganisations du réseau), filière back-office GP restructurée (-20 ETP) avec des impacts sur les délais de traitement… Les prochaines modifications des horaires d’ouverture des agences passant du Lundi/vendredi au Mardi/samedi sur 4,5 jours vont également avoir un impact sur la capacité des salariés à réaliser leurs taches dans les délais théoriques. Les salariés sont ils comptables de ces choix dogmatiques ?

En télétravail, la frontière vie privée/vie professionnelle tend à se réduire, le droit à la déconnexion est de moins en moins pris en compte. Comble de tout, le groupe a signé un accord sur la QVT visant à mieux équilibrer ces aspects.

Certes le paiement des heures supplémentaires n’est pas la réponse à des problématiques d’organisation de la banque.

Cependant, avoir des oeillères ou repousser le problème sous le tapis n’est pas acceptable. La banque doit rémunérer ses salariés à hauteur des horaires réalisées. Ou couper les connexions en distanciel ou en présentiel en dehors des horaires standards.

Au delà de l’aspect pécuniaire, le risque est de faire de plus en plus d’heures et que cette propension devienne la norme. Et ces dépassements, un des critères de jugement pour évaluer le degré d’implication des salariés et donc leurs évolutions de carrière. Enfin, ceux qui ne suivent pas le rythme imposé peuvent être considérés comme maillon faible de l’équipe et stigmatisés. Au risque des burn-out voire plus.

Le CIC SO n’est pas Goldman Sachs ou l’une des banques de Wall Street où la résistance à la fatigue, la culture du travail poussée à l’extrême et le désir d’impressionner ses supérieurs pour se faire une place au soleil sont les normes tacitement acceptées. Mais même à New York, cela change puisque dernièrement une pétition a été adressée par des jeunes banquiers à la direction de Goldman Sachs dénonçant les conditions de travail. Non, le CIC SO n’est pas Goldman Sachs puisqu’aucun des salariés ne peut espérer devenir riche avec son travail quelque soit son implication.

Il est désormais temps de mettre fin à une hypocrisie totale visant à cacher une réalité, inciter à ne pas déclarer et ne pas payer les heures supplémentaires. Il est désormais temps que la banque prnne acte des conséquences des désorganisations sans solutions immédiates (intérim, CDD) et où il est demandé à l’équipe de palier à la situation. Il est désormais temps que la banque fasse face à ces contradictions.

Une organisation syndicale a dernièrement diffusé un tract sur « la Fabrique à mille feuilles, Attention danger de saturation mentale« . La saturation n’est pas que mentale. Elle devient globale. La CGT CIC SO veut aller au delà d’un simple tract humoristique sans revendications, laissé à interprétation. Après ce tract, on fait quoi ???

Il est temps que les organisations syndicales interpellent ensemble la direction pour dénoncer ce scandale au détriment des salariés qui continuent de s’investir pour nos clients au bénéfice total de la banque. Il est temps que la banque reconnaisse la conscience professionnelle.

Il est temps qu’enfin ce sujet soit mis en lumière, porté pour que les salariés soient entendus.

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