Stop au diktat de se définir par son travail
Dis-moi : « Que fais-tu dans la vie ? » :
Cette question est souvent la première que l’on pose lors d’une rencontre et c’est souvent le job qui est la première réponse apportée. De là à croire que nous ne nous définissons principalement qu’en rapport à notre job….
En France, le rapport au travail est identitaire mais ce rapport est :
pernicieux puisqu’il amène à se définir par rapport à un statut et non en qualité d’individu : « Si je n’ai pas de job, alors je ne suis rien…” ou “Si je n’ai pas un job utile, alors je suis inutile” ou encore “Si je n’ai pas un job intéressant, alors je suis inintéressant».
source de désillusions dans un monde du travail obnubilé par la pression des objectifs avec souvent la tendance à vouloir les dépasser ou de les atteindre le plus rapidement possible (100% dès Juin !!!), les jamais « suffisants », l’absence de courage, les relevages de compteurs avec ses florilèges de formules pipeautés d’un management bullshit : « il faut se réveiller», « il faut se remobiliser », les YaKaFoCon….
Le monde du travail cherche à se réinventer. Nouvelles relations entre les salariés et la hiérarchie, nouveaux discours de bienveillance, nouvelles organisations, nouvelles définitions des espaces de travail… Mais parallèlement, le contrôle s’est renforcé via les outils digitaux qui ,plutôt que devenir des assistants, des facilitateurs, sont devenus des mouchards. Sont apparus également le diktat de la bonne humeur et de la convivialité qui sentent bon l’hypocrisie. La flexibilité offre une fausse liberté. Dans les open-space, en fin de journée, c’est le ballet des contorsionnistes, s’observant pour voir qui sort le premier. Dans les flex-office, c’est l’indifférence et l’individualité qui prônent. Dans les discours managériaux, la pseudo bienveillance dégoulinante masque avec peine la brutalité des rapports.
Si je n’atteins pas les objectifs, si je ne suis pas dans le trend, alors je suis mauvais. Du moins, c’est le message que l’on fait passer. On devient le maillon faible d’une chaine et la cause de tous les maux. On devient la gangrène d’une équipe dont l’unique désir est d’atteindre ses objectifs, qui au passage sont souvent sortis du chapeau… Pourquoi +10% plutôt que +5% ? On est des esclaves qui doivent combler les désirs de managers suffisants à l’égo surdimensionné.
Combien d’exemple de salariés qui se sont « défoncés » pour l’entreprise et qui du jour au lendemain deviennent personae non grata, mis au placard ? Combien de salariés sont tombés en dépression ? Combien démissionnent après quelques années de désillusions ? Combien de salariés qui ne rêvent pas à d’autres métiers, voire de réorientation ? Combien de salariés restent réellement engagés ou sensibles aux discours managériaux ? Combien d’arrêts maladies, de burnout… ?
La plupart du temps, que les objectifs soient atteints ou non à une date précise, cela ne changera pas le Monde. Ce n’est pas une excuse pour ne rien faire, mais ça aide à relativiser.
J’ai connu un chargé d’affaires senior très professionnel mais qui n’acceptait pas le diktat et la pression du système : Jamais dans les challenges, jamais dans les trends… Il était considéré comme un maillon faible. Si son jeune manager le prenait pour un « has been » incapable de vendre des produits bancaires de base, de la téléphonie ou de l’assurance, il gérait d’importants budgets et dirigeait des équipes ; Ce dernier, dans sa vie personnelle, était président très actif d’une importante association regroupant de nombreux bénévoles.
D’autres exemples pourraient être cités.
Alors, quelle importance donne t’on à sa vie ? Que veut dire « réussir sa vie » ? Devons nous la limiter simplement à notre travail ?
Rappelons nous la chanson : Le travail c’est la santé/Rien faire c’est la conserver/Les prisonniers du boulot/N’font pas de vieux os
Cessons de nous définir que par notre travail.
Relativisons, remettons le travail à sa juste place et évitons de se focaliser sur le jugement de l’autre, souvent illégitime.
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